Relance économique: Quand le chômage s’atténue peu à peu

Par Maria Mouatadid

Après deux trimestres consécutifs de hausse, le chômage au Maroc reflue doucement au troisième trimestre de 2021, à la faveur notamment de la relance constatée dans plusieurs secteurs économiques, ce qui donne une lueur d’espoir concernant un retour au taux d’avant crise, voire moins !

Le rebond post-coronavirus de l’économie nationale alimente, en effet, l’embellie du marché du travail, autant dire que les dégâts causés par la crise sanitaire commencent à s’estomper progressivement, dans l’attente d’être complètement réparés.

A en croire les récentes statistiques dévoilées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage a reculé de 0,9 point pour se situer à 11,8% entre le T3-2020 et le T3-2021. Des chiffres encourageants et porteurs de signes positifs de relance, de quoi entrevoir le bout du tunnel !

Au détail, ce recul du chômage au niveau national est partagé entre les deux milieux de résidence. Le taux de chômage est ainsi passé de 16,5% à 16% dans les villes et de 6,8% à 5,2% dans la campagne, précise le HCP dans sa note d’information sur le marché du travail.

Par genre, ce taux a enregistré une diminution d’environ un point parmi les hommes, de 11,4% à 10,4%, et les femmes, de 17,6% à 16,5%. Le repli est relativement plus remarquable en faveur de la gent féminine lequel peut s’expliquer par l’augmentation de la proportion de femmes dans la vie active.

Le chômage des diplômés persiste !

Un des constats phares à relever de la note d’information du HCP est que les diplômés peinent toujours à décrocher un job. Le taux de chômage de cette catégorie a maintenu le même niveau enregistré pendant le même trimestre de l’année précédente, soit 18,7%.

Une stagnation qui couvre aussi bien une hausse de 2,2 points du taux de chômage des diplômés de niveau supérieur (25,7%) et une baisse de 1,4 point pour les diplômés de niveau moyen (14,7%). Les non-diplômés, eux, ont vu leur taux de chômage baisser de 6,9% à 4,4%.

Bien que cette année reste marquée par la présence toujours des séquelles de la crise du covid-19, les prémices d’une tendance plus positive dans les mois à venir sont d’ores et déjà visibles et ce, compte tenu des différentes mesures mises en place pour amorcer la relance tant espérée.

D’ailleurs, le ministre de l’Intégration économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a bien affirmé, la veille à la Chambre des représentants, la détermination du gouvernement à promouvoir le secteur de l’emploi, via des programmes sectoriels favorisant la création d’emplois.

Il s’agit, d’après le ministre, de toute une feuille de route claire relative aux programmes structurants dans le domaine de l’emploi et de la création d’entreprises, en parallèle avec la mise en œuvre du nouveau modèle de développement.

Aussi, rappelons-le, le projet de loi de finances (PLF) de l’exercice 2022 prévoit la création de 250.000 emplois directs en deux ans, mais aussi la mise en œuvre d’un nouveau programme dans le cadre de « Intilaka » au nom de « Forsa » pour encourager l’entrepreneuriat, en particulier des jeunes.

Et sans oublier l’adoption de la politique nationale de l’environnement des affaires 2021-2025 qui vise, entre autres, à qualifier le capital humain, renforcer les mécanismes d’accompagnement des entreprises et intégrer le secteur informel.

Cette politique comprend un total de 33 chantiers de réforme relatifs à la simplification des procédures administratives et l’amélioration du cadre juridique et réglementaire des affaires, les délais de paiement et de l’accès au financement, l’infrastructure et la commande publique.

Des objectifs de court et moyen termes qui ne pourront que contribuer amplement à la création d’emplois durables et surtout de qualité dans la finalité de résorber encore plus le fléau du chômage.